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La stigmatisation ou la double peine due à la maladie mentale

Dans le vécu des personnes atteintes de maladies psychiatriques, nous faisons tous l'expérience de ce que j'appellerais la double peine.

D'abord la maladie en elle-même dont nous souffrons, la douleur psychique quasi-permanente, tellement qu'elle en devient invalidante et handicapante dans beaucoup de situations psycho-sociales.

Ensuite la représentation sociale de la maladie qui est délétère pour la population atteinte de troubles psychiques. Nous sommes stigmatisés du fait d'une méconnaissance totale par le grand public de la réalité de nos maladies.

Qui a déjà fréquenté de près ou de loin une personne souffrant de schizophrénie comprendra immédiatement de quoi je parle, l'étiologie de cette maladie (l'ensemble des symptômes) n'a strictement rien à voir avec l'image qui en est donnée dans les médias et dans la fiction en général, tous ces vecteurs qui déterminent la représentation sociale d'un objet quelconque.

Avec la schizophrénie on va même plus loin, car il est usuel de dire de quelqu'un qui manque de cohérence, voire qui semble avoir plusieurs personnalités qu'il est schizophrène. Et pourtant cela n'a rien à voir avec la réalité des troubles d'un "vrai" schizophrène.

Cette dichotomie a été étudiée par le sociologue Erving Goffman(1922-1982), il identifie d'un côté l’identité sociale virtuelle, qui correspond à l'essence et aux traits que nous prêtons à une catégorie de personnes (ici donc les malades mentaux); et l'identité sociale réelle qui est la véritable ontologie(profil) de la personne.

On parle de stigmatisation lorsque l'écart entre ces deux identités est significatif, on dit alors que le stigmate « représente un désaccord particulier entre les identités sociales virtuelles et réelles » (Goffman, 1975)

C'est pour cela que nous avons besoin d'associations et de relais dans la société afin d'expliquer ce que sont (et ne sont pas) les maladies mentales.

En effet une différence entre le handicap physique et psychique est la désirabilité sociale de l'un et de l'autre. On a tendance à être bienveillant vis-à-vis d'un homme en fauteuil roulant, quand la personne dite folle suscitera plus communément de la moquerie ou du rejet. Las, dans les deux cas l'on parle de personnes handicapées.

Cela doit changer, et comme la plupart des problèmes de ce monde, la clé de sa résolution est la bataille contre l'ignorance et la méconnaissance des faits et de la réalité.


Je vous recommande la lecture de cet article pour en savoir plus sur cette double peine subie par la population souffrant de troubles psychiques en général.


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